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      JOE HILL
      TROUBADOUR DE LA REVOLTE


      1879/1915







      La vie de Joe Hill, l'un des tout premiers chanteurs syndicalistes américains, se confond avec la période la plus active d'un syndicat révolutionnaire demeuré légendaire : les "Industrial Workers of the World" (ouvriers de l'industrie du monde", familièrement nommés "Wobblies". Joe Hill fut en effet le principale chantre des "Wobblies". Il a été exécuté pour meurtre après un procès controversé.


      De son vrai nom Joel Emmanuel Hagglund, Joe Hill était né à Gavle, ville portuaire sur la cote Est Suédoise. On sait bien peu de chose sur sa jeunesse et son enfance, si ce n'est qu'il dut quitter l'école et gagner sa vie dès l'âge ded dix ans, lorsqu'il perdit son père ayant été écrasé par un train de la compagnie pour laquelle il travaillait. En 1901, tenté par l'expèrience américaine où "chacun avait sa chance", il émigra et débarqua à New York, où il travailla comme docker et comme musicien. Le soir, il jouait du piano dans un café du Bowery, le quartier pauvre de sud-est de Manatthan. Plus tard comme des milliers d'autres émigrants venus de tous les pays européens, il prit la route de l'ouest, toujours à la recherche d'un emploi, travaillant aussi bien dans les champs de blé quan dans les mines de cuivres. On le vit ensuite docker sur la cote californienne, et parfois marin sur la ligne d'Honolulu. Il passait tous ses loisir à écrire des chansons engagées et des poèmes satiriques.





      C'est en 1910 à San Pedro que Joel Hagglund, ayant pris entre-temps le pseudo de Joseph Hillstrom puis, définitivement, de Joe Hill, devint membre actif des "Industrial Workers of the World" IWW. Ce syndicat avait été fondé à chicago en 1905. Par contratse avec la grande centrale A.F.L, qui se bornait à défendre les ouvriers qualifiés et spécialisés, le mot d'ordre des Wobblies du IWW était l'organisation de tous les travailleurs, spécialisés ou simple manoeuvres, pauvres ou riches, nomades ou sédentaires, agricoles ou industriels, au sein d'un même syndicat.




      La personnalité de Joe Hill et celle de ce syndicat étaient faites pour s'entendre, et les dons musicaux de l'émigré suédois trouvèrent dans l'action politique et sociale des IWW un terrain naturel d'utilistaion. Il écrivit et ensaigna à ses camarades des dizaines de chansons qui servirent à accompagner et à stimuler la lutte des Wobblies avec une vivacité et une efficacité que nous pouvons difficilement nous imaginer aujourd'hui. Bientot les wobblies eurent leur recueil de chansons sous forme d'un "petit livre rouge" intitulé "Songs to fan the flames of discontent" (Chansons pour attiser les flammes du mécontentement). Ce livre, qui fit l'objet de plusieurs éditions constamment refondues et augmentées, connut un grand succès auprès des travailleurs, des chômeurs et des grévistes. La pluplart des chansons qui le composaient provenaient de la plume de Joe Hill. Elles étaitent chantées à la chaines, dans les champs, sur les bâteaux, les piquets de grève et même dans les prisons où les grévistes devaient fréquemment purger des peines.








      Ce serait probablement une erreur que de se représenter Joe Hill comme une sorte de génie qur un piédestal. Il était simplement membre d'un mouvement fondé sur l'organistion coordonnée de la classe ouvrière. C'est par elle que Joe écrivait et existait. Cependant les chansons ouvrières antérieures ne s'attachaient en général qu'à des situations géographiquement et temporellement limitées, avec des objectifs purement locaux et à court terme. Au contraire, la nouveauté et le mérite de Joe Hill et des artistes wobblies fut de dépasser ces limites et de prôner une organistaion de la classe ouvrière )à long terme et à l'échelle du pays tout entier - et même, comme le suggère le mot world, en abattant les frontières. A cet égard, des chansons comme "Casey Jones, the union-scab", "Everybody's joining it" ou "The white slave" sont révélatrices. La première raconte l'histoire d'un ouvrier mouchard et briseur de grèves : après sa mort, il est dirigé sur le paradis. Là Casey est immédiatement repéré par le syndicat des anges qui l'envoient moucharder en enfer.



      "Everybody's joining it" est une chanson "utilitaire", destinée à recruter des nouveau membres pour le syndicat. Elle ouvre la voie à une nouvelle famille de chansons dont l'idée sera reprise plus tard, notamment par Woody Guthrie (Union maid) et les Almanac Singers (Union train). Quant à "The white slave", elle conte la vie d'une pauvre fille qui, pour pouvoir survivre, doit se livrer à la prositution. Là où une ancienne chanson se serait bornée à s'apitoyer sur le sort individuel decette fille, Joe Hill, lui, en tire les conclusions sociales et, dans e dernier couplet, dénonce les exploiteurs responsables de cette situation :


       


      Des filles chaque jour tombent de la sorte


      Et sont tombées depuis des lustres


      Qui est à blamer ? Vous savez son nom


      C'est le patron qui paye un salaire de misère


      Une fille sans logis peut toujours entendre


      Les tentations qui l'appellent de partout.


       


      Les chansons de Joe Hill furent incontestablement efficaces, et eurent la chance de tomber au moment où l'organistaion syndicale à grande échelle et l'imprimerie, avant le disque, donnaient aux chansons une influence très élargie et une diffusion considérablement plus rapide qu'auparavant.

        



      Joe Hill

       

       

      Vers la fin de sa vie Joe Hill travailla dans les mines de cuivres de l'Utah, où il poursuivit son activité militante. Son nom était déjà inscrit sur les listes noires des autorités locales, qui cherchaient une occasion propice pour l'arrêter, le condamner et le mettre hors d'état de "nuire". Elles en trouvèrent une le 10 jnavier 1914, le jour où un commercant de Salt Lake City, Merlin Morrison, fut attaqué dans sa boutique par deux inconnus qui le tuèrent, ainsi que son fils, à coups de revolver. Avant de s'écrouler, Morrison eut le temps d'attraper une arme à feu derrière son comptoir et de blesser l'un des deux voleurs. Tous deux s'enfuirent, rien n'ayant été volé, la police crut d'abord à une vengeance personnelle, peut-être due au fait que le père Morrison avait été un officier de police dans le passé. Quelques jours plus tard, on arrêta Joe Hill qui, comble de malchance pour lui, avait recu une balle.Il expliqua qu'un homme l'avaitpris a partie et l'avait blessé alors qu'il faisait la cour à une femme, dont il refusait de dévoiler l'identité, afin de ne pas la compromettre. Bien attendu, la police refusa de croire à cet alibi, grace à quoi elle tenait pour Joe Hill un chef d'accusation banal et "acceptable", évitant ainsi que son procès prît une tournure polique : procédé classique, qui fut maintes fois réutilisé par la suite....

       

      Même le président Wilson, inquiet à juste titre des remous que l'exécution de Joe Hill ne manquerait pas de provoquer au sein de la classe ouvrière, télégraphia au gouverneur Spry pour lui demander d'épargner l'accusé. Des milliers de lettres, télégrammes et pétitions s'empilèrent sur le bureau de Spry; rien n'y fit : le gouverneur télégraphia en retour au Président, déclarant qu'il ne pouvait "s'opposer aux décisions de la cour".

      La Suède demandèrent la clémence, tandis que dans le monde entier les syndicats défendaient Joe Hill. Le procès était accusé d'avoir été injuste. Des années plus tard, l'Etat de l'Utah déclara que, sous les lois actuelles, Joe Hill n'aurait jamais été exécuté avec des preuves si légères.

       


       

      Joe Hill passa au peloton d'exécution le 19 novembre 1915.

      Le dernier mot de Joe Hill fut "Fire!" (Feu!).

       

      Juste avant de mourir, il avait écrit à Bill Haywood, un responsable de l'IWW: "Ne perdez pas de temps dans le deuil. Organisez-vous!."

      Son testament, mis en musique par Ethel Raim, déclarait:



      Mon testament est facile à décider,


      Car il n'y a rien à diviser,


      Ma famille n'a pas besoin de se plaindre et d'ergoter


      "Pierre qui roule n'amasse pas mousse"


      Mon corps? Ah, si je pouvais choisir,


      Je le laisserai se réduire en cendres,


      Et les brises joyeuses souffler


      Ma poussière là où quelques fleurs pousseront.


      Ainsi peut-être qu'une fleur fanée


      Reviendrait à la vie et fleurirait une nouvelle fois.


      Ceci est ma dernière et ultime volonté,


      Bonne chance à tous, Joe Hill


       



      Le corps de Hill fut incinéré à Chicago, et ses cendres envoyé dans chacune des sections locales de l'IWW. On découvrit en 1988 qu'une des enveloppes, avec une photo où la légende indiquait "Joe Hill assassiné par la classe capitaliste, 19 novembre 1915", avait été saisie par l'U.S. Postal Service en 1917 en raison de son "potentiel subversif". Cette lettre est désormais aux Archives nationales états-uniennes. Après quelques négociations, les dernières cendres de Hill contenues dans cette enveloppe saisie ont été rendues à l'IWW.




      Joe Hill
      JOE HILLTROUBADOUR DE LA REVOLTE1879/1915La vie de Joe Hill, l'un des tout premiers chanteurs syndicalistes américains, se confond avec la période la plus active d'un syndicat révolutionnaire demeuré légendaire : les "Industrial Worke...

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      Ce fils d'un travailleur de la construction est né le 20 janvier 1953 à Shreveport en Louisianne. Il passera une bonne partie de son enfance chez sa grand-mère qui est musicienne (lap steel guitar) et l'initiera très jeune à la musique. Il recevra sa 1ère guitare à l'âge de 5 ans.


      Il suivra ses parents qui déménageront quelques années plus tard pour Baton Rouge et aussi East Texas ,c'est là qu'il rencontrera d'autres musiciens. Dès l'âge de 13 ,il fait déjà des spectacles en 1ère partie de Clarence "Gatemouth" Brown ,Son Seals et Albert Collins.



      La course automobile (drag) et les moto occupent une place aussi grande dans sa vie que le blues car encore adolescent ,il participe à des courses de "Drag" et subira un grave accident dans lequel il faillit y perdre la vie... Il s'en sortira avec plusieurs côtes brisées ,l'affaisement d'un poumon et la perte de son oeil droit. Son visage sera aussi touché gravement et nécéssitera près de 5000 points de sutures pour lui refaire et le laissera marqué de plusieurs cicatrices. Pendant quelques instants ,il aurait été cliniquement mort et mentionnera avoir vu la lumière au cours de ce moment...



      Sa récupération de l'accident lui prendra presqu'un an et l'aura passé dans la solitude à ré-apprendre à jouer de la guitare à dévelloper son style en apprenant tous les trucs de ses 3 grandes influences :Lightnin' Hopkins ,John Lee Hooker et Muddy Waters.



      Pour lui ,la guitare est le meilleur moyen d'atteindre son intérieur ,sa spiritualité et aussi de communiquer avec ses rêves et cauchemars.



      Il quittera le milieu familial à l'âge de 16 ans (avec l'accord de ses parents) pour tenter sa chance à la Nouvelle Orleans qui pour lui est la "Mecque" de la musique et vivra comme musicien ittinérant en jouant surtout au coin des rues et aussi près des stations services.



      En 1985 ,il déménage à New York où il aura l'opportunité d'ouvrir pour les spectacles de certains des plus grands noms du blues qui y passeront. Un certain soir où il joue en 1ère partie de "John Littlejohn" ,il est remarqué par le guitariste de blues "Ronnie Earl" qui sera impressionné par sa voix et son habilité à la guitare.



      Ils feront plusieurs spectacles ensemble et peu de temps après , "Ronnie Earl'' produira le 1er album de John Campbell "A man and his blues" qui paraîtra au printemps de 1988 sur CrossCutt Records ,une étiquette de disques allemande.



      Sur l'album ,on y retrouve comme invités :l'harmoniciste "Jerry Portnoy" que l'on a pu entendre sur l'album "From the craddle..." d'Eric Clapton ,le batteur "Per Hanson" (Ronnie Earl) ,le chanteur "Darrell Nulish" sur la pièce "Judgement day" et aussi Ronnie Earl sur quelques pièces. L'album qui passera innaperçu aux Etats-Unis sera quand même en nommination en 1989 pour un W.C. Handy (prix équivalent aux Grammys ,mais pour le blues).



      La même année ,il participera au "Mississippi Delta Blues Festival" et en deviendra la révélation et par la suite sera invité à se produire au "New Orleans Jazz and Heritage Festival.



      Durant un spectacle dans un restaurant de New York ,il sera remarqué par l'agent de "Dr. John" qui sera très impressionné par son matériel et aussi par sa prestance sur scène et ira peu de temps après lui négocier (avec une copie de l'album A man and his blues'' en main) un contrat de disques avec la compagnie Elektra.




      John Campbell
      Ce fils d'un travailleur de la construction est né le 20 janvier 1953 à Shreveport en Louisianne. Il passera une bonne partie de son enfance chez sa grand-mère qui est musicienne (lap steel guitar) et l'initiera très jeune à la musiqu...

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      Hank Williams 3
      Hank III est le petit fils du légendaire Hank Williams. Dès son plus jeune âge, il s'intéresse à la musique et apprend à jouer de la guitare, de la basse et de la batterie. Hank III baigne naturellement dans l'univers country, mais l...

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      PETITE HISTOIRE DU ROAD MOVIE






       BORN TO BY WILD





      Road movie avant l'heure, Les raisins de la colère (1940) démythifie l'idée du rêve américain et montre très précisément la déchéance des paysans alors chassés de leurs propres terres.
      Ce n'est qu'en 1969 que le genre road movie est réellement amorcé avec Easy rider qui se veut le reflet de l'esprit de liberté des années 68 et de l'Amérique à la dérive. Purement film « de routards », ses protagonistes reprennent la route des pionniers en sens inverse. Tourné en extérieur, ce nouveau genre se veut aussi l'opposé de la production proposée alors par les grands studios. Au même moment, Cinq pièces faciles (1970) et Les gens de la pluie (1969), L'épouvantail (1973) traitent du même anticonformisme.


       





       

      ROUTE EN CAVALE


      Quel plus beau prétexte au road movie que celui de la fuite ? Pourquoi s'arrêter à une simple course-poursuite dans les rues de la ville, alors qu'au-delà des frontières le jeu de chasse peut prendre des proportions démesurées, ajouter une dimension supplémentaire à la cavale. On pense tout de suite au célèbre couple Bonnie & Clyde (1967) qui sillonna les routes, semant la mort sur son passage. De nombreux films traitent du même sujet avec plus ou moins les mêmes ingrédients : un couple amoureux, une cavale, la mort au bout du chemin : Les amants de la nuit (1948) film noir; La ballade sauvage (1974) d'après un fait réel où un jeune garçon et sa petite amie de quatorze ans ont assassiné dix personnes durant leur sanglant périple; Sugarland express (1974) également basé sur un fait divers au cours duquel un couple, pressé de retrouver son enfant, prend un policier en otage et est alors traqué par des dizaines de véhicules de police. Cette traque fut en son temps couverte par les médias, ce qui attira d'ailleurs la sympathie de la foule pour ces hors-la-loi à l'instinct maternel. Cette même idée de couverture médiatique est largement exploitée par Oliver Stone dans Natural born killer (1994) où deux jeunes amants, couple de tueurs, se voient véritablement idolâtrés par la population.



       



      À voir aussi : Guet-apens (1993); True romance (1993); Kalifornia (1993); The doom generation (1994); Kiss or kill (1998).




      De par son côté seventies, Le convoi (1978) n'en reste pas moins un film de course-poursuite, réalisé à la gloire des routiers, avec l'inévitable shérif prêt à tout pour arrêter les contrevenants. Et de contrevenan ts, il en est bel et bien question dans Point limite zéro (1971), summum de l'excès de vitesse.






      À l'opposé de la cavale, où c'est généralement le méchant qui fuit, il y a la traque, la course poursuite à l'envers, où l'honnête citoyen se retrouve harcelé. Classique parmi les classiques, Duel (1972) est l‘exemple parfait de cette situation. Un automobiliste se retrouve pourchassé à mort par le chauffeur d'un camion. Suivront Roadflower (1993), où de dangereux psychopathes traquent une famille, et Une virée en enfer (2001) où l'on retrouve le mythe du camionneur fou.

      Si vous êtes en mal de cavales, en voici d'autres : Butch Cassidy et le Kid (1969); Mad Max - 1 (1979); Drugstore cowboy (1989); La chasse (1993); À toute allure (1994); Heaven's burning (1997).





      Road movie pour les moins atypiques, À bout de souffle (1959) de Jean-Luc Godard (nouvelle vague) et Les valseuses (1973), trio amoureux et déjanté fort sympathique, n'ont cependant rien à envier à leurs pendants anglo-saxons.

      Enfin, le thème du prisonnier qui s'évade et est traqué par les autorités se transforme aussi parfois en road movie. Down by law (1985) et son cousin O Brother (2000) sont des road movies où l'errance et l'introspection priment sur la cavale.






      FEMME AU VOLANT NE RIME PA TOUJOURS AVEC MORT


      Avec ses clichés de motard moustachu ou de camionneur poilu, on pourrait s'attendre à ce que le genre road movie ne tienne pas compte de la gente féminine. Au contraire, prenant en considération l'évolution des mœurs ou par besoin de casser ce stéréotype, on voit fleurir ça et là des films où les protagonistes sont des femmes. Ainsi, elles, qui prenaient déjà une place de choix en tant que passagères et compagnes dans les road movies de cavale, vont pouvoir se mettre derrière le volant.
      Thelma & Louise (1990), probablement le plus célèbre d'entre tous, est un film-clé de ce genre. Deux femmes voient leur vie transformée par ce voyage alors qu'il ne devait s'agir au départ que d'un simple petit week-end entre amies. Par après, d'autres scénarios assez semblables foisonneront : Avec ou sans hommes (1994); Crimes maquillés (2000); Gazoline (2001); Une blonde en cavale (2000).





      Côté introspection, la femme a aussi droit au chapitre. Sans toit, ni loi (1985), où Mona meurt de froid le long de la route, cette route qui, pour cette fille marginale, aura été compagne de vie; Adieu Babylone (2000) dans lequel une jeune femme décide de terminer le voyage commencé par l'homme qu'elle aimait; Les gens de la pluie (1969) : l'errance d'une jeune femme enceinte qui quitte son foyer; Merci la vie (1990) : deux copines, la route, et pour l'une d'entre elles le sida pour seul bagage; Jeunesse dorée (2001) où deux adolescentes prennent la route pour faire un reportage photo, ce périple constituant une première tentative de construction personnelle.

      Et, pour s'amuser un peu, que dire du film Even cowgirls get the blues (1993) si ce n'est que c'est dame nature qui va pousser une jeune femme sur la route, en l'affublant de pouces tellement disproportionnés que la seule fonction qu'elle peut en tirer est de faire de l'auto-stop. Un film légèrement féministe.








       RALENTISSEZ ! ATTENTION, ENFANTS







      La présence d'enfants dans un road movie ne paraît pas de prime abord évidente. Lorsqu'il est là, l'enfant, qui symbolise l'avenir, peut aussi, tel un miroir, faire resurgir l'enfance de l'adulte (acteur ou spectateur). Introspection dans l'introspection. Alice dans les villes (1973) incarne une jeunesse allemande qui erre à la recherche de ses racines dispersées depuis la fin de la guerre; L'éternité et un jour (1997) d'un écrivain mourant croisant un jeune orphelin qui deviendra son dernier compagnon de route; L'enfant et le soldat (2000) film iranien dans lequel un jeune militaire naïf doit conduire un enfant délinquant jusqu'à une maison de correction; In this world (2004) : long et douloureux parcours d'un enfant et d'un jeune adulte qui s'exilent de leur Afghanistan natal attirés par le monde moderne et regard éclairé sur le trafic de réfugiés qui payent parfois de leur vie le passage des frontières.

      L'enfant, accompagné d'un adulte, emprunte toutes sortes de moyens de transport pour retrouver un père ou une mère. L'adulte qui l'accompagne se voit replonger dans sa propre enfance, se voit redéfinir sa place en tant qu'adulte. Central do Brasil (1998) : un petit garçon venant de perdre sa maman est pris en charge par Dora, une femme d'âge mûr qui décide de le conduire auprès d'un père inconnu; Paysage dans le brouillard (1988) où deux enfants errent en Grèce à la recherche d'un père peut-être imaginaire; L'été de Kikujiro (1998) : sur les routes japonaises, un petit garçon escorté d'un dur à cuire qui va petit à petit s'adoucir; Paris, Texas (1984) : sur fond de cellule familiale complètement éclatée, un père revient voir son fils. Avant de pouvoir l'affronter, il doit d'abord se retrouver lui-même. Ils partiront ensuite à deux à la recherche de la mère; Marie (1993), enceinte, parcourant les routes de France et d'Espagne en compagnie d'un petit garçon échappé de l'orphelinat.






      Le voyage peut aussi être prétexte de rencontres, de retrouvailles : Le retour (2003) du père après douze ans d'absence qui entame un voyage avec ses deux fils; Les héros (1996) aux yeux d'une fillette de douze ans qui, brutalisée par son beau-père, part avec son vrai père en Suède ; Papa (2004) pour lequel le trajet servira à se rapprocher de son fils.

      Plus atypique, Un monde parfait (1993) pas si beau que cela lorsqu'on est voleur, criminel récidiviste et en cavale et qu'on est obligé de prendre un petit garçon de sept ans en otage. Une superbe rencontre entre ce truand et cet enfant en manque de père.

      Et si nos chères têtes blondes sont plus à même de participer à une comédie, c'est chose faite dans Fais-moi des vacances (2000) où deux enfants de banlieue, en congé scolaire, partent s'offrir des vacances par leurs propres moyens.





      VOYAGE INITIATIQUE

      Une route en ligne droite, un paysage vers l'infini, un panorama à 360 degrés, des kilomètres avalés, digérés et, comme seuls compagnons de route, l'errance et l'introspection...
      Wim Wenders est indissociable de cette approche. Pour preuve, sa trilogie de films de « voyages » avec Alice dans les villes (1973); Faux mouvement (1974), dans lequel il reprend le thème de l'après-guerre, où un jeune écrivain part sur les routes à la recherche de son identité et Au fil du temps (1975) qui raconte l'errance d'un projectionniste itinérant qui rencontre Robert, un homme un peu perdu. Ensemble, à bord d'un camion, ils sillonneront les routes de l'Allemagne coupée en deux.
      Dans le courant, Wim Wenders fondera sa propre maison de production « Road Movie Filmproduktion ».
      Après une petite trêve, Wenders reprend le thème du road movie et décroche une Palme d'Or au Festival de Cannes avec Paris, Texas (1984). Il réalise plus tard, Jusqu'au bout du monde (1991) dans lequel un homme parcourt le monde pour récolter des images qu'il ramène à sa mère atteinte de cécité.






      Autre réalisateur à enrichir le road movie : Gus Van Sant. Il traite le genre sur un ton assez léger avec Even cowgirls get the blues, et de manière plus sérieuse avec My own private Idaho (1990) où il aborde également le thème de l'homosexualité, retraçant l'itinéraire de deux jeunes prostitués décidés à retrouver la mère de l'un d'eux.

      Plus récemment, il réalise le surprenant Gerry (2002 ), un road movie à pied pour deux amis d'enfance qui vont s'imprégner et s'engouffrer dans le désert californien.





      Enfant de la rue, de parents gitans andalous vivant à Alger, Tony Gatlif en connaît un rayon sur la route et les gens du voyage. Et tout naturellement, plusieurs de ses films sont des road movies.

      Latcho drom (1992) qui signifie « bonne route » n'est ni un documentaire, ni une fiction, juste un film musical qui perpétue la mémoire des Gitans et restaure l'image de ce peuple déraciné, un voyage aux sources de la culture rom; Gadjo Dilo (1997) dans lequel Stéphane, un jeune Français, traverse la Roumanie à la recherche d'une chanteuse que son père écoutait dans les derniers moments de sa vie; Je suis né d'une cigogne (1998) : Otto, Louma et Ali fuient leur quotidien sans avenir en partant au hasard sur les routes. Ils rencontrent une cigogne blessée qui va donner un sens à leur cavale; Exils (2004) : Zano et Naïma décident de traverser la France et l'Espagne pour rejoindre Alger et connaître enfin la terre que leurs parents ont fuie autrefois. Avec la musique pour seul bagage, ils parcourent le chemin de l'exil à rebours.





      Et de retour à la terre des ancêtres, il est aussi question dans Kandahar (2001) de Moshen Makhmalbaf où une journaliste afghane installée au Canada tente de rentrer dans son pays alors aux mains des Talibans. Elle a reçu une lettre désespérée de sa sœur qui annonce son suicide à l'occasion de la prochaine éclipse solaire. Un road movie qui fait basculer le drame dans la tragédie par son parti pris esthétique qui accentue le surréalisme des situations.

      Petite perle qui nous vient d'Argentine, Historias minimas (2002) nous offre trois road movies en un, trois personnages qui convergent vers la grande ville, trois destins séparés dans l'immensité de la Patagonie. Un road movie à la fois intimiste et heureux.

      Côté français, Manuel Poirier nous prouve qu'il ne faut pas nécessairement d'immenses étendues pour réussir un road movie, et que les petites routes de France peuvent très bien s'y prêter. Après Western (1996), un plaisir filmique sur la rencontre entre un Catalan et un Franco-Russe qui vont faire la route ensemble, il réalise Les chemins de traverse (2004) qui reprend le thème de l'errance, de l'exil, et du duo - cette fois un père et son fils.

      Drôle de Félix (1999) va aussi emprunter des chemins de traverse de France pour partir à la recherche de son père. Pour Félix, chômeur et séropositif, la route va devenir une vraie leçon de vie, un bain de chaleur humaine.





      Il est également question de retrouver une famille dans le superbe Dream catcher (1999), long vagabondage dans lequel Freddy et Albert partent à la recherche de leurs parents respectifs.

      Et tous les moyens sont bons pour parcourir des centaines de kilomètres. David Lynch invente le road movie en tondeuse à gazon avec Une histoire vraie (1999), celle d'un homme qui apprend que son frère, avec qui il est brouillé depuis plusieurs années, est en train de mourir, et qui décide de lui rendre visite. Tout aussi atypique, l'Aaltra (2004), road movie en chaise roulante, interprété et réalisé par Benoît Delépine et Gustave de Kervem.

      À ne pas manquer, Mischka (2001), sorte de pèlerinage vers le bonheur, où trois personnes en mal de famille vont en reconstituer une au hasard des rencontres de la route. Avec une apparition éclair, mais non sans charme, de Johnny Hallyday.



      Pour les amateurs de bons vignobles, la route des vins californiens est le décor de Sideways (2004) et d'un voyage entre deux amis, l'un plutôt branché sur les femmes alors qu'il se marie à la fin de la semaine, l'autre plutôt branché sur les antidépresseurs et le vin, ce qui ne fait pas toujours bon ménage.

      Sur un ton beaucoup plus poétique, Ultranova (2005) de notre compatriote Bouli Lanners explore les autoroutes de Wallonie avec un sens inné de l'esthétisme.



       

      L' ART EST DANS LA RUE ET SUR LES ROUTES


       





      Que ce soit pour présenter un spectacle de cirque, La strada (1954); pour chroniquer la tournée d'un groupe rock, Presque célèbre (2000); pour monter un spectacle de travestis, Priscilla folle du désert (1994) et Extravagances (1995); pour chanter la misère et la lutte des travailleurs opprimés lorsque l'on s'appelle Woodie Guthrie, En route pour la gloire (1976); ou pour chanter du blues de bouge en bouge, Honkytonk man (1986); pour défendre une émission radio sur le point d'être supprimée, Tandem (1987); pour comprendre la musique à travers les rues de Cuba, Cuba feliz (2000); pour découvrir Marseille, la ville où les gens parlent fort parce que les battements de leur cœur font trop de bruit, La grande vie (2001); pour parcourir le monde à la recherche de nouveaux visages à peindre lorsque l'on est portraitiste, Sansa (2003), pour se lancer dans la magie Voyageur & Magiciens (2003)...
      ... artistes, gens du spectacle, chanteurs, saltimbanques en tous genres sont amenés un jour ou l'autre à prendre la route.






       



      LA PLACE DU MORT


      Sujet pour le moins saugrenu, quelques réalisateurs ont utilisé le transport d'un mort comme prétexte narratif au road movie . Et quand on se retrouve avec un cercueil comme passager, l'expression « prendre la place du mort » atteint toute son apogée...
      Les arcandiers (1992), ce qui veut dire glandeur en patois, décident de kidnapper le cercueil de Bernadette Soubirou et de l'acheminer jusqu'au Brésil; Guantanamera (1995) retrace les péripéties d'un transport mortuaire à travers l'île de Cuba; Mille bornes (1998) c'est la distance à parcourir pour quatre amis désireux d'exécuter la dernière volonté de leur ami défunt; Ceux qui m'aiment prendront le train (1997) pour assister aux funérailles du peintre Jean-Baptiste Emmerich, voyage durant lequel tous les gens qu'il a aimés et détestés pourront entamer le long processus de deuil.





      D'ailleurs, l'idée de mort est poussée à son paroxysme dans Dead man (1995), road movie en noir et blanc intemporel pour une initiation à la mort.



       







      UN PEU D'AMOUR, BEAUCOUP DE SEXE


      Sailor et Lula (1990), couple passionné créé par David Lynch qui nous entraîne sur les routes de Californie, mélangeant romantisme, émotion, folie, violence. Un classique.
      En attendant le très controversé Brown Bunny de Vincent Gallo, le tout aussi dérangé et dérangeant Twentynine palms (2003), du nom d'une petite ville de Californie, raconte l'histoire d'un couple à l'activité sexuelle bestiale dans un road movie épuré.
      Un peu à l'image du film Les Valseuses (1973), Et même ta mère ! (2001) relie les trois côtés d'un triangle amoureux composé de deux adolescents inexpérimentés et d'une femme plus âgée qui va leur faire découvrir le sexe et l'amour... mais surtout le sexe. Sur les routes du Mexique, nos trois comparses insouciants traversent un pays à la dérive.






      PETITE HISTOIRE DU ROAD MOVIE
      PETITE HISTOIRE DU ROAD MOVIE BORN TO BY WILDRoad movie avant l'heure, Les raisins de la colère (1940) démythifie l'idée du rêve américain et montre très précisément la déchéance des paysans alors chassés de leurs propres t...

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       ENTRE DEUX VILLES....LE ROAD MOVIE



       


      INTRODUCTION


      Genèse géographique et temporelle, le road movie est tout d'abord un genre cinématographique.
      Sa traduction littérale, film de route, peut sembler bien terre à terre au regard des vastes étendues désertiques que ce genre véhicule.
      Même si certains reprennent dans ce dernier tout film se passant sur la route, il est d'autres critères supplémentaires nécessaires à sa définition. Ainsi, au-delà de son utilité première de connexion entre deux localités, la route est une métaphore de la vie, avec le temps qu'on y passe, la croisée des chemins ou les voies sans issues. On prend la route pour rejoindre une ville, une famille, un rêve, ou pour fuir ce que l'on abandonne derrière soi. Elle peut être aussi un lieu de vie, de rencontre, un lieu propice à l'errance, à la liberté, à l'exil. Et pour certains, cette perpétuelle transhumance est le seul moyen de retrouver une identité ou de la perdre définitivement.
      Ajoutons enfin que le road movie est intimement lié à l'idée du rêve américain, de ces pionniers qui ont pris un jour la route. D'ailleurs, il ne serait pas faux de parler de nombreux westerns évoquant déjà l'errance du cow-boy solitaire sur son fidèle destrier.

      Sans toutefois être exhaustive, cette sélection vous invite à faire le plein d'informations sur le sujet...


       



      Intro
        ENTRE DEUX VILLES....LE ROAD MOVIE INTRODUCTIONGenèse géographique et temporelle, le road movie est tout d'abord un genre cinématographique.Sa traduction littérale, film de route, peut sembler bien terre à terre au re...

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      Le premier Crossroads
       

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      ON THE ROAD AGAIN !!
          Voici le premier blog entièrement consacré à l'esprit de la route...en hommage aux Hobo's, Beats, Merry Pranksters ainsi que tous les autres vagabonds de la routes de tous styles et de tous temps..ce blog sera&...

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