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      Infanticide en Bretagne - 1732

      Je vous livre ici un procès de l'ancien régime trouvé aux archives départementales des Côtes d' Armor à Saint Brieuc qui nous éclaire sur les moeurs  et la condition féminine de l' époque. A vous de juger.

       

      Infanticide à Maroué.

      Un nouveau né est retrouvé mort dans un étang1

       

      Le mercredi 27 février 1732 Joseph Bernard, fermier à Quelferon en Maroué, fit une bien macabre découverte. Il avait vidé "écoullé" son étang, les deux jours précédents, afin d’y "pescher" les poissons s’y trouvant. Le cadavre d’un nouveau-né reposait dans la vase de cette mare, proche du champ de la dixme. Le corps décomposé paraissait y avoir été précipité volontairement.

      Il se rendit le soir même au château du sénéchal de Lamballe2 pour rendre compte de cette terrible découverte.

      Dès le lendemain, le procureur fiscal, François Louis De La Goublaye, chargea Joseph Chapelier commis juré au greffe et Joseph Regnier, huissier ordinaire de la juridiction, de mener l’ enquête. Ce dernier se rendit sur les lieux du drame, accompagné par François Marbault et Jean Janet chirurgiens jurés royaux de Lamballe qui exposèrent leurs constatations :

      "Reporté par nous chirurgiens jurés royaux de la ville et juridiction de lamballe demeurants séparémants paroisse de saint jan notre dame eveché de saint brieuc que ce jourd’huy vingt et huitieme de feuvrier mil sept cent trante deux nous nous sommes transporté a la requeste de monsieur le procureur fiscal en la maison de queferon paroisse de maroué susdit eveché pour visiter le cadavre d’un enfant nouveau né que nous avons trouvé dans letant de la ditte maison ou de l’ordonnance de monsieur le senechal nous avons fait etat et proces verbal du dit cadavre qui était etandu sur la vase que nous avons cognu estre une fille a qui nous avons trouvé tout le cranne separé et mangé jusque aux premieres vertebres du col et le bras gauche separé de son tronc le dit bras deseché les doigts mangé et rongé plus avons trouvé touttes les vertebres du dos en partie separées les unes des autres depuis les vertebres du col jusque au fesse et la partie contenue pourie et gattée et le reste remplye de vasse ce qui nous a fait croire que le dit enfant a esté jetté dans leau sans pouvoir distinguer sil estait mort ou vivant lorsquil y a esté mis naiant aucunes des parties en etat de faire cognaistre les signes ordinaires en pareille cas

      tel est notre raport."

      Après la rédaction de ce procès-verbal, on inhuma le nourrisson dans les champs de la dixme, de telle façon qu’il ne puisse être déterré par des animaux.

      Le 5 mars 1732, en l’absence de témoins, le procureur fiscal s’adressa au clergé paroissial en leur demandant l’autorisation de publier un monitoire3. Celle-ci sera obtenue le 7 mars. On espérait ainsi vaincre les réticences à parler et à briser cette loi du silence. Le curé de Maroué, Pierre Auffray, fulmina donc une injonction à ses paroissiens aux prônes de la grand-messe, par trois dimanches consécutifs, les 9, 16 et 23 mars, afin qu’ils témoignent, en les menaçant d’excommunication s’ils continuaient à se taire. Trente-trois personnes vont accepter de témoigner après la troisième lecture du document.

      Les témoins, tous de la paroisse de Maroué, vont déclarer qu’une certaine Françoise Pecault était "grosse", sur le point d’accoucher, vers la fin de la dernière récolte des blés noirs. Ainsi, Allain Avril, laboureur, savait qu’elle avait passé quelques jours chez Jeanne Jehan. Cette dernière la chassa et l’accusée se réfugia alors chez François Merpault au village de Quelferon pour y travailler, avec le témoin, à battre du bled noir, au champ de la dixme de l’ épinette, pendant dix à douze jours. Il l’aperçut au bourg de Maroué le dimanche du pèlerinage des sept saints, paraissant avoir accouché.

      Mathurin Cauret, tisserand, époux de Françoise Lhostellier, déclara qu’il avait employé, comme filandière, Françoise Pecault pendant deux jours, sans qu’elle dorme chez lui, après la fin de son travail chez François Merpault, au moment de la foire Saint Denis4. Le lendemain, "s’étant aperçu qu’elle avait le sein moite, dans l’état d’une personne venant d’accoucher, il la mis dehors."

      Lorsque Peronnelle Boschier, veuve de François Avril, interrogea Françoise Pecault, vers la saint Michel 5 en lui demandant de dire la vérité et de "confirmer son fruit ", elle nia sa grossesse.

      D’après Jeanne Jehan, l’ accusée vint la trouver chez elle au bourg de Maroué pour lui "demander retraite parce qu’on l’accusait calomnieusement d’estre grosse". Elle niait être enceinte. Le recteur demanda à la voir, mais après sa visite chez ce dernier, elle parut fort contrariée et "fera ses hardes ", pour aller quelques jours chez François Merpault. Le bruit courait même, qu’après son accouchement, un cochon avait dû manger son enfant.

      Le témoignage de Françoise Roche va nous éclairer sur la mentalité de l’époque et sur le déni de grossesse de Françoise. Au mois d’août, quand elle lui demanda pourquoi elle était partie si vite de chez François Gaultier, fermier à la Ville Hervé en Landéhen, elle répondit que c’était à cause d’un mauvais bruit qui courait sur elle, la prétendant enceinte.

      Julienne Tronet, voyant qu’elle était chassée de maison en maison, essaya de la convaincre de déclarer sa grossesse6.

      Catherine Erhel, filandière au village de Quelféron, déclara : "un dimanche matin qui estait le 1er dimanche d'octobre elle rencontra françois merpault qui luy dist quil venait de mettre la pecault à s'en aller parce qu' elle n'avait fait qu'aller dehors et dedans et qu'elle avait eu une grande collique mais qu'elle luy avait passé s'estant couchée, la deposante luy repondit quil avait bien fait , et après les vespres remarquant son cochon dans un courtil proche du sien et de la demeure de merpault , elle chassa le cochon et luy vit la gueulle toutte rouge sant distinguer dou cela venait, le bruit sestant repandu que la deposante avait vu un cochon manger l'enfant de la pecault elle vint quelques jours après demander à la déposante sy cela estait veritable, la deposante luy dist qu'elle n'avait point vu l'enfant, mais elle remarqua bien que la pecault nestait plus enceinte quil ny avait homme ny femme qui puisse dire l'avoir vue accoucher." On tenait enfin le coupable : le cochon de Quelféron !

      Janne Simon se montra la plus humaine, en accueillant pendant trois jours la jeune maman : " elle entra chez la déposante qui ne put s'empecher de luy dire dans l'état où elle la voyait qu’elle devait bien prendre garde à elle a quoy elle répondit, bon lon voira sy le monde trouvera son comte au discours quil tient, le temps nest pas eloigné quelques jours après le matin du 1er dimanche d' octobre elle vint chez la déposante paraissant pâle et defaite et nestre plus grosse. Elle dit que merpault et sa femme l'avaient mise dehors après leur besogne faite et parlant des discours que lon avait tenu d'elle elle leva sa jupe et faisant voir à la déposante une chemise toute sanglante, voyez dit-elle comme je suis et si on avait raison de tenir de moy de semblable discours, elle pria la deposante de luy prester une posche pour aller chercher ches le dit françois merpault, un quart de blé noir qu'il avait du luy promettre et qu'en effet elle rapporta bien tost après mesme de la farine et du beurre. la déposante eu la charité de luy donner de la soupe de laquelle elle manga fort peu, elle eu mesme la charité de la coucher pendant trois nuits, mais elle travaillait à filer pendant le jour chez le nommé coeuret. au bout de trois jours elle s'en alla vers brehand et quelques jours après ayant rentré chez la déposante en passant celle cy luy dist qu'il y avait un beau bruit sur son compte tout le monde disant qu'elle avait accouché au village de quelferon et qu'on ne savait ce qu'elle avait fait de l'enfant a quoy elle se contenta de répondre quesce qui me le soutiendra et sen alla disant que lon verrait."

      Les employeurs de Françoise, François Merpault et sa femme Gabrielle Lesné, n’eurent aucun scrupule à l’exploiter jusqu’au bout et ne s’en cachèrent pas lors de leur témoignage : "vers la saint michel son mary et elle prirent françoise pecault à travailler pour eux pendant douze jours, elle estait effectivement très grosse, mais elle en sorty au même état que lorsqu'elle était entrée sans que la déposante laye jamais vue malade sy ce n'est le matin du samedy veille de sa sortie qu'elle se coucha sur un banc ou elle dormit quelques temps, quelques jours après elle se retourna chez la déposante chercher le reste de son payement quelle reçu et la déposante remarqua bien quelle nestait plus au même etat. "

      C’est enfin Jacquemine Rault, femme de René Aumont notaire du duche de Penthièvre qui vit Françoise Pecault pour la dernière fois, précisément le jour où le nouveau-né avait été retrouvé dans l’étang. Connaissant le sort qui lui était réservé, elle préféra prendre la poudre d’escampette.

      Toutes les auditions furent terminées le 28 avril et l’on ordonna que soit arrêtée l’accusée qui demeurait introuvable.

      Le 12 janvier 1733, Françoise Pecault, accusée et fugitive, fut condamnée par contumace, pour avoir, après son accouchement, jeté et noyé son enfant , à être pendue et étranglée, jusqu’à ce que mort s’ensuive, à une potence dressée à cet effet sur la place du champ à lavoir.

      Ensuite son corps devait être brûlé et ses cendres jetées au vent. Il fut ordonné, puisqu’elle était insaisissable, son exécution en effigie7, dans un tableau attaché à la dite potence par l’exécuteur. En outre tous ses biens (en avait-elle ?…) devaient être confisqués au profit de la seigneurie.

      François Merpault et son épouse, Gabrielle Lesné, co-accusés lors du procès, seront, au vu de leurs interrogatoires, renvoyés, hors d’accusation. Ils pouvaient dormir tranquilles. De nos jours ils auraient été inculpés, au minimum, pour non-assistance à personne en danger.

       

      Mais qui était Françoise Pecault ? Elle était la fille de Charles et de Marie Fourchon, née le 6 août 1707 à Noyal8. Le 9 mars 1727 elle avait accouché, à l’âge de vingt ans, d’ un premier enfant naturel, Charles 9, avoué à Julien Caresmel. Il décèda à l’âge de deux mois à Plestan le 4 mai 1727.

      J’ignore ce qu’il est advenu de Françoise Pecault, ni ou sont décédés ses parents.

       

      Voilà la triste histoire de cette malheureuse.

       

      Le procès de cette jeune mère nous éclaire sur la violence et la condition féminine de l’époque. On ne pardonnait pas à ceux qui n’étaient pas en règle et s’écartaient du droit chemin. Enfermée dans son déni de grossesse, elle était rejetée de tous. Il aurait suffi qu’elle déclare et avoue son état, pour être aidée par la population.

       

      Pour conclure sur une petite note d’humour, savez-vous pourquoi on utilise l’expression "si les petits cochons ne le mangent pas?"

      Tout simplement parce qu’ en temps de guerre, les cochons étaient utilisés pour manger les cadavres et éviter ainsi la propagation des épidémies. Cette expression signifie donc s'il ne lui arrive pas malheur avant. Malheureusement, ce fut le cas pour ce nourrisson, dévoré et noyé dès sa naissance.

       

      Cet épisode du 18ème siècle peut vous dégoutter de manger du porc pour le restant de votre vie et vous amener à changer de religion. Je vous propose donc, pour éviter ça, un petit coloriage, représentant un enfant en parfaite harmonie avec un cochon, à faire avec vos enfants et petits-enfants. (Il suffit de télécharger l'image)

       

      Carte de Lamballe et de ses environs

      1 Archives départementales des Côtes d’ Armor : B 593

      2 Le nouveau château (1730), édifié par le sénéchal Mathurin Plancher et vendu par son fils au duc de Penthièvre le 15 septembre 1756. Il sert aujourd'hui de collège.

      3 Le monitoire à fin de révélations est une procédure judiciaire de l'Ancien Régime (réactualisé un court temps sous le Consulat et le Premier Empire) destinée à obtenir des témoignag lorsque ceux-ci s'avèrent inexistants ou non concluants dans le cadre d'un procès criminel.

      4Les Denis sont fêtés le 9 octobre. Le 9 octobre 1732 était un jeudi.

      5 Les Michel sont fêtés le 29 septembre. Ce jour correspond à la date de paiement des fermages par les fermiers après la récolte: c’est en conséquence la date traditionnelle d'expiration des baux ruraux.

      6 Sous l'Ancien Régime, depuis un édit d'Henri II de 1556, obligation était faite aux femmes enceintes, non-mariées ou aux veuves, de déclarer leur état de grossesse aux autorités (aucun de ces textes ne désigne l'instance à laquelle la déclaration devait être faite. C'est pourquoi les usages variaient d'une province à l'autre : lieutenants des baillis ou sénéchaux, procureurs fiscaux, notaires, greffiers, consuls dans les villes etc...) , et ce, sous peine de mort. La mesure visant à prévenir les infanticides fut reconduite plusieurs fois par la suite.

      7 L'exécution en effigie (de l’expression latine in effigie, qui signifie "en portrait") est l'application d'une peine physique à une représentation ou substitut du condamné faute de pouvoir la lui infliger de manière habituelle. Un mannequin peut être ainsi pendu dans les mêmes conditions que le condamné absent, jugé en contumace.

      8 Cote archives des Côtes d' Armor : Noyal 1701 - 1747 page 17/254

      9 Naissance : Cote archives des Côtes d' Armor - Saint-Rieul1694 - 1760 page 155/340

      Décès : Cote archives des Côtes d' Armor - Plestan 1711 - 1738 page 203/452

      Julien Caresmel épousa Jacquemine Rouxel le 4 février 1731 à Pléboulle.

       

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