Partagez vos passions
Rejoignez la communauté

  • jipil


    • a posté un article :

      Romans nouveau et traditionnel
      L’article qui suit a pour but de révéler les grandes différences entre le roman traditionnel et le roman nouveau. Quant au Nouveau Roman (une catégorie du roman nouveau), il sera abordé ultérieurement. A) Et le Nouv...

    • a posté un article :

      La reformulation (exercices)
      Reformuler la pensée de l’autre, c’est la restituer sans aucune déformation. Afin de bien restituer cette pensée, il est nécessaire, au préalable, de bien l’écouter même si nous ne partageons pas le point de vue de l...

    • a posté un article :

      Analyser un roman :16 fiches
          Un jour, j’ai souhaité améliorer le principe de la fiche de lecture traditionnelle. Très souvent, en effet, la fiche de lecture se présente sur un document conçu à cet effet : l’étudiant n’ayant pl...

    • a posté un article :

      L'exposé oral (conseils)
      Je vous propose quelques consignes sur l’exposé oral : l’étudiant est souvent confronté à cet exercice au cours de ses études. Cet exposé peut prendre plusieurs formes et peut être évalué sur la base de plusieurs cri...

    • a posté un article :

      Exercice oral (lettre E)
      L’exercice que je vous propose est très intéressant, car il met en jeu plusieurs aspects de la communication verbale et non verbale. L’exercice consiste à faire reconstituer par un partenaire une lettre (qu’il ne conna...

    • a posté un article :

      Albums de chanson française
      Albums de chanson française Loin de la chanson française commerciale actuelle, existe un chanson française actuelle de très grande qualité. La qualité des textes de cette dernière saute aux oreilles ! Des chansons que vous pouve...

    • a posté un article :

      L'examen oral
      1) Avant l'examen oral     Ne pas oublier de prendre le jour de l’examen le matériel exigé par votre professeur (livres divers, feuilles spécifiques...).         Pendant la préparatio...

    • a posté un article :

      Trois improvisations
        Les trois improvisations que je vous propose sont très intéressantes, car elles permettent de se rendre compte de l’importance du mouvement, de l’espace et du corps qui sont les dimensions fondamentales du théâtre....

    • a posté un article :

      Jeu théâtral et improvisation
        Cette réflexion générale est le fruit d’une réflexion personnelle sur le théâtre, jointe aux réflexions de Guy Ramet, spécialiste en expression corporelle, qui m’a fait découvrir un monde nouveau et d’une c...

    • a posté un article :

      L'adresse courriel
      L’adresse courriel est un exercice stimulant qui permet un certain développement de sa fantaisie personnelle à travers l’imagination et l’humour. En outre, grâce aux consignes précises et progressives de cet exercice, l’é...

    • a posté un article :

      Tests orthographiques
      Plusieurs tests orthographiques vous sont proposés dans cet article : la plupart des dictées ont été créées personnellement. Mon collègue Frédéric Michaux a rédigé les trois derniers tests. Nous y avons injecté plusieurs règl...

    • a posté un article :

      Lexique littéraire (2)
      Voici la suite du lexique littéraire qui répertorie les mots de la lettre J à la lettre Z.   J jargon : a) langage particulier à une profession (jargon juridique, médical...). b) langue compliquée, peu compréhensible en...

    • a posté un article :

      Le tableau monochrome
      On connaît bien Bruno Coppens, humoriste jongleur de mots, comédien, pilier du « Jeu des Dictionnaires » en Belgique. On sait moins qu’il fut professeur de français, et qu’il n’a jamais cessé de promouvoir les activités d’...

    • a posté un article :

      Analyser un roman : modèles
      Je vous propose ici deux applications différentes. En premier lieu, j’ai appliqué la fiche n ° 3 à «La neige en deuil» de Henri Troyat. Vous remarquerez que je respecte les quatre pistes de la fiche n °3 : ces pistes sont, de...

    • a posté un article :

      Lexique littéraire (1)
      Voici un lexique littéraire de plus de 300 mots. Ce lexique, assez complet sans avoir la prétention d’être exhaustif, offre néanmoins un ensemble de mots indispensables pour aborder le texte littéraire d’une manière plus rig...

    • a posté un article :

      Erreurs les plus fréquentes
              Vous trouverez dans cet article une synthèse de conseils sur les plans de l’orthographe et de l’expression écrite. Cette synthèse est rédigée à partir des erreurs les plus fré...

    • a posté un article :

      Apprendre le vocabulaire
        Je ne peux que vous recommander l’ouvrage de Bruno Hongre, Le dictionnaire portatif du bachelier (Hatier, 2002) qui recense plus de 2000 mots dont le sens devrait être connu avant d’aborder l’enseignement supérieur...

    • a posté un article :

      Un discours remarquable
      Vous trouverez dans cet article un discours que l’Académie française m’a aimablement autorisé à reproduire. Ce discours de Madame Hélène Carrère d’Encausse, Secrétaire perpétuel de l’Académie française a été...

    • a posté un article :

      Analyser un film
      Pourquoi un article à ce sujet dans un site consacré au cours de français ? Tout simplement parce que le cours de français ne peut être déconnecté de l’univers des médias et que la littérature est, dans de nombreux cas, confron...

    • a posté un article :

      Travaux écrits (conseils)
      Ces conseils s’appliquent à tous les travaux écrits excepté aux travaux écrits de créativité. Elles ne s’appliquent que partiellement aux dissertations dont l’introduction et la conclusion sont quelque peu différentes (voir ...

    • a posté un article :

      La dissertation (4)
      De nombreux plans existent pour la dissertation. Personnellement, après en avoir expérimenté plusieurs, j’estime que les plans les plus productifs sont le plan dialectique et le plan thèse-antithèse. Voici donc mes conseils pour le...

    • a posté un article :

      Exercice : les liens logiques
      Je vous propose un exercice de rédaction de texte en utilisant des liens logiques. Les phrases sont inspirées de situations évoquées dans un roman de Paul Guimard (Les choses de la vie).   Consignes Relier ces phrases (d...

    • a posté un article :

      Résumé un texte
      Le résumé de texte est un exercice capital, car il permet de mesurer l’esprit de synthèse. Celui-ci (tout comme l’esprit d’analyse) est une faculté essentielle qui permet d’affronter plus sereinement l’enseignement supérieu...

    • a posté un article :

      La dissertation (5)
      Voici la dernière étape ! L'étape de la dissertation définitive. Je vous propose quatre dissertations réalisées par d’anciens étudiants. Les deux premières dissertations comprennent une introduction, un développement et une con...

    • a posté un article :

      Prendre des notes au cours
      Pour de nombreux étudiants, la prise de notes au cours n’est pas simple. Je vous propose donc une méthode qui aidera à prendre convenablement des notes pendant les cours afin de cerner l’essentiel !   1) Il ne faut noter...

    • a posté un article :

      Les liens logiques
      Pour assurer la cohésion d’un texte, il est indispensable d’utiliser des liens logiques qui assurent une liaison entre les différentes idées à l’intérieur de l’alinéa, voire entre les différents alinéas. Chaque lien logiqu...

    • a posté un article :


      Il faut ressentir, préciser et analyser en soi la gamme des impressions que produit le texte.
      Il faut recenser, observer dans le texte la gamme des moyens d’expression qu’il recèle.
      Il faut relier ce que l’on a ressenti à ce que l’on a recensé, et réciproquement, dans un va-et-vient maîtrisé.


      JE RESSENS : des impressions globales aux sensations particulières

      Nos réactions aux textes sont souvent vagues. Aussi faut-il apprendre à ressentir.
      Ressentir, bien sûr, c’est d’abord recevoir le sens global du texte. C’est « comprendre », entrer en compréhension profonde (exactement comme l’on essaie de « comprendre » quelqu’un), et non pas simplement saisir des idées abstraites. C’est entrer en résonance avec le corps du texte.
      En effet, à la signification précise des mots se mêlent toujours des évocations secondes, des « connotations », des représentations intérieures qui ne nous touchent pas au seul niveau cérébral. On peut palpiter, rire, transpirer d’effroi, pleurer, être réconforté ou désespéré à la lecture de certaines pages. Nos souvenirs, notre culture, notre émotivité, tout participe à la lecture. Il faut donc apprendre à observer méthodiquement tout ce qui se passe dans notre conscience face au texte.
      Nous avons parlé dans l’article précédent du « grand livre de la vie » que nous avons tous dans notre esprit. Ce dictionnaire vivant nous habite, avec son immense réservoir de mots et d’images, d’expériences et de rêves, de significations et d’interrogations. Il est structuré dans notre mémoire par le biais du langage. C’est grâce à lui que nous pouvons « lire », c’est-à-dire trouver un sens et une « réalité » à ce que nous lisons. Avant même la lecture du texte, il nous faut donc savoir reconnaître ce réseau intérieur qui va retentir au texte, en fonction de la nature de celui-ci.
      Dans un premier temps, nous allons fouiller dans notre mémoire et nous interroger sur les impressions préliminaires, déjà installées en nous, que nous pouvons avoir sur le thème que traite une page littéraire. Cela s’appelle reconnaître en soi l’horizon d’attente. Par exemple, si j’ai à commenter le poème « Les Aveugles » de Baudelaire, je puis d’abord me demander : « Qu’est-ce qu’un aveugle pour moi ? Comment ai-je réagi, enfant, quand j’ai pris conscience que des gens ne voient pas ? Ai-je eu peur ? Ai-je eu pitié ? Ai-je eu le sentiment que ces gens-là ont un mystère ? Qu’ils ont la vision d’un autre monde ? etc. » Une telle mise au point va me permettre de mieux recevoir les effets du texte, de mieux situer son originalité par rapport aux stéréotypes de la conversation courante, ou par rapport à d’autres textes que je connais sur le même sujet.
      Puis, en cours de lecture, je noterai l’évolution de mes impressions. Un page produit rarement une atmosphère unique, globale et uniforme. Il y a des intensifications, des modifications, des contrastes, des convergences. Il faut être attentif à tout ce qui varie dans notre impression, et surtout, prendre garde à ce qu’une impression (marquante pour nous en raison de notre sensibilité) n’efface pas les autres, tout aussi importantes. On peut d’ailleurs changer d’impression sur tel ou tel passage, en le relisant…
      En fin de lecture, évidemment, le bilan de nos impressions successives pourra être comparé à ce que nous avons déjà observé dans la vie ou dans d’autres textes. La règle est de ne jamais banaliser, de ne jamais réduire l’effet d’un texte à l’effet produit par d’autres textes, mais au contraire, de différencier les impressions que peuvent nous faire des pages portant sur des thèmes ou des situations similaires. Bien entendu, cela suppose qu’on affine ses réactions premières, et qu’on entre dans le détail.

      C’est ce que vont nous permettre, justement, les impressions particulières. Là encore, il va falloir observer en soi. Au fil des phrases, ligne après ligne, vers après vers, on va préciser la « représentation » que les mots tissent en nous-mêmes. Leur déroulement est comme un petit film projeté sur l’écran de notre conscience. Significations, perceptions (visuelles, sonores), connotations, inflexions rythmiques, tout cela forme une chaîne, un flux qui conduit notre imaginaire. Suivez bien votre film intérieur : le moindre détail d’un texte impressionne votre cerveau comme une pellicule… Il faut alors, aussi lentement que possible :

      Retentir aux mots, aux groupes de mots. Pour l’écrivain, ceux-ci ne sont pas des signes abstraits : ils renvoient toujours à des réalités sensibles, à ses souvenirs, ses expériences, ses rêves. Les « espaces » pour Pascal, la « douleur » pour Baudelaire, « l’absurde » pour Camus, ne sont pas de vains mots. Ils sont chargés de connotations. Pour bien recevoir le texte, il faut examiner le halo particulier, le petit éclat intérieur que chaque mot, lentement prononcé, peut faire naître en nous. Il faut chercher quelle expérience, quel souvenir personnel, entrent en résonance avec les images de l’auteur. Il faut tenter de rejoindre la sensibilité de l’écrivain à partir de nos émotions personnelles, qu’il soit question du vent, de l’automne, d’un deuil, de la joie d’aimer, ou de l’indignation devant l’horreur.

      Voir en soi. Que percevons-nous exactement, comment notre imaginaire est-il visuellement touché ? Si, par exemple, Nerval nous parle du « soleil noir de la Mélancolie », avant de reconnaître telle ou telle figure de style, cherchons l’image que l’expression fait jaillir dans notre esprit. Fermons les yeux pour mieux voir : voici un soleil négatif, dardant des rayons noirs ; l’opposition avec notre perception habituelle de l’astre éblouissant nous plonge dans un autre monde ; nous pénétrons alors dans la vision d’un poète dominé par la puissance mortifère de la Mélancolie. Nous pourrons ensuite identifier le rôle de l’oxymore et la force de la métaphore : mais nommer ces figures de style n’aurait pas suffi si nous n’en avions pas ressenti d’abord les effets singuliers.

      Savoir écouter. Les textes agissent doublement sur notre oreille : par les sons et les bruits du monde auxquels ils renvoient ; par les sonorités et les rythmes dont ils se constituent eux-mêmes. Dans l’un et l’autre cas, il faut être conscient des éléments auditifs qui nous impressionnent. Considérons par exemple la célèbre strophe, si mélodique, de Verlaine :

      Les sanglots longs
      Des violons
      De l’automne
      Blessent mon cœur
      D’une langueur
      Monotone
      .

      On ne peut bien ressentir cette phrase que si l’on se remémore le son caractéristique du violon : il faut évidemment se souvenir en soi de sa vibration prolongée (qui justifie que les « sanglots » soient qualifiés de « longs »). Mais il faut aussi écouter, simultanément, le déroulement lent de la phrase sur les six vers de la strophe (par exemple, en la disant à haute voix). Nous y retrouvons justement, dans les échos sonores, dans la modulation rythmique des vers, cette « vibration » du violon qu’ils sont chargés d’évoquer. Sans cette double perception préalable, on ne pourra pas « expliquer » un texte dont on n’a pas écouté la poésie musicale. Viendra ensuite l’étude des effets objectifs du texte (diérèse, assonances, accents rythmiques, allitérations). Mais l’un ne peut aller sans l’autre.

      Le lecteur qui veut bien nous suivre fera sans doute une objection de taille : et si l’on ne ressent rien ? Si l’on est « sec » devant une page qui semble archaïque, ou écrite dans une autre langue que celle qu’on a l’habitude d’entendre ? Si l’on n’a pas du tout d’impression ?! Que faire ? Faudra-t-il faire semblant ?
      Je pourrais être tenté de répondre : pourquoi pas ?
      En réalité, il est rare qu’on soit totalement dénué d’impression, surtout si l’on veut bien relire le texte une ou deux fois en suivant la méthode que je viens d’indiquer. Quoi qu’il en soit, le fait que certains lecteurs ne ressentent rien au premier abord montre bien qu’il faut apprendre à ressentir, surtout à la lecture des textes classiques.
      Mais il y a tout de même quelques recours devant une page qui ne nous « inspire » rien. C’est de se servir de son bon sens et de se demander : « Compte tenu du thème de ce texte et de son déroulement, que devrais-je ressentir ? Qu’est-ce que l’auteur — si je compare à d’autres extraits que je connais sur le même sujet — peut bien vouloir produire comme effets ? » Ces questions renvoient le lecteur à l’observation objective du texte. Faute d’émotion immédiate qui pourrait le guider, il doit regarder les mécanismes mis en œuvre dans la page, chercher la loi de son fonctionnement : bref, il va partir de la seconde voie d’accès au texte, le recensement. Et peut-être parviendra-t-il, en étudiant le texte avec sa seule intelligence, à y trouver des aspects, des processus, un climat qui vont, peu à peu, éveiller sa sensibilité. Les deux voies sont en effet complémentaires.


      JE RECENSE : de la nature du texte à ses moindres procédés

      Il s’agit d’observer le texte à tous les niveaux, de façon méthodique, en allant toujours du général au particulier.

      La nature du texte.
      Un coup d’œil global, qui doit devenir spontané, doit nous permettre dès l’abord de discerner à quel type de texte nous avons affaire : descriptif, narratif, argumentatif, théâtral, lyrique, poétique. Non seulement en reconnaissant que nous sommes en face d’une page de roman, d’une scène tragique ou comique, ou d’une poésie ; mais encore parce que très vite nous devons identifier la tonalité (ou le registre) qui domine tel ou tel passage que nous devons commenter (didactique ? réaliste ? polémique ? ironique ? dramatique ? épique ? romanesque ? etc.). Nous pouvons déjà pressentir, par ce simple coup d’œil, quels seront les centres d’intérêt que pourra mettre en valeur le commentaire, et même deviner « le message » probable de l’auteur.


      Le mouvement du texte.
      Les détails, les parties d’un passage, ne prennent vraiment tout leur sens, toute leur portée, que dans l’ensemble où l’auteur les a ordonnés. Il faut donc observer la page comme on observe un tableau : à bonne distance. Voir ainsi les grands masses qui le composent, les éclairages dominants, les progressions ou les contrastes étudiés, bref, le plan ou le rythme du texte. À ce stade de l’examen, on va donc saisir (même sans rien « ressentir ») le travail de composition de l’artiste. Les débuts et les fins de passages méritent une attention particulière : l’auteur y laisse voir comment il veut nous prendre ou nous surprendre, où il veut nous emmener, dans quelle atmosphère il désire nous entraîner. Les dernières phrases d’un paragraphe, les « chutes » de certains poèmes, nous renseignent la plupart du temps sur l’effet dominant, sur ce à quoi le texte voulait en venir…

      Le texte lui-même.
      Sans recenser les innombrables aspects d’un texte (car sa nature et son mouvement peuvent déjà limiter nos axes de recherche), on pourra, pour l’examiner, puiser dans la gamme des éléments suivants :

      - L’énonciation. Pour un écrivain, l’énonciation, c’est l’acted’écrire. Les éléments constituants de cet acte transparaissent dans l’énoncé : ce sont les indications relatives au lieu et au temps où l’énoncé est produit (ou encore, où il affecte d’être produit), à la personne qui est censée s’exprimer, à celle à qui l’énoncé s’adresse. Devant un texte, il est donc essentiel de se poser les questions suivantes : Qui parle ? A qui ? Où ? Quand ? Comment ? L’auteur choisit-il d’intervenir explicitement dans ce qu’il énonce ? Préfère-t-il mettre en scène un narrateur ? Pourquoi rapporte-t-il un récit à la première, à la troisième ou à la seconde personne ? De quel point de vue (sans toujours l’avouer) décrit-il un lieu, une scène ? Où se place-t-il par rapport à ses personnages (quelle « focalisation » adopte-t-il ?) Comment est conduit le regard du lecteur dans une description ? Celui-ci est-il mis à distance ? Ou placé à côté du héros, voire dans le for intérieur du héros, pour faciliter l’identification ? Autant de questions qui dépassent la seule étude du style au sens strict, mais sont inhérentes à tout regard objectif sur un passage.

      - La nature du vocabulaire. Le choix des mots est décisif, qu’il s’agisse de textes entiers ou de simples tournures. Le vocabulaire est-il concret, figuré ? Se rapporte-t-il à l’action, à la description, à l’analyse psychologique ? Quels sont les temps utilisés ? Les pronoms les plus fréquents ? A quelles sensations dominantes obéit le choix des mots (vue/ouïe/toucher/odorat ?) Quels éléments de la nature (ou du monde social fait-il intervenir ? Y a-t-il des champs lexicaux particulièrement révélateurs ? Comment se répartissent (se mêlent ou s’opposent) les divers registres du vocabulaire (animal/végétal/humain) ? Le style est-il globalement soutenu, recherché, simple, familier, prosaïque ? Les termes veulent-ils nous plonger dans un univers réaliste, dramatique, métaphysique, surréaliste ? Les adverbes et les adjectifs, à la base de la modalisation, révèlent-ils les sentiments, les préjugés du locuteur, etc. ?

      - La phrase et son expressivité. La place des mots est également déterminante. La phrase elle-même peut être concise, hachée, ample, périodique, selon les réalités évoquées ou selon le « souffle » de l’auteur. Ce repérage sera ensuite à relier aux significations : pour l’instant, il faut le conduire sans a priori. L’un des éléments essentiels de l’expressivité sera naturellement la présence de figures de style. Il faut les repérer tout de suite. Il peut s’agir de figures portant surtout sur la construction de la phrase (apostrophe, ellipse, anaphore, antithèse, chiasme), ou surtout sur l’expression de la pensée (figures d’insistance ou d’atténuation : métaphore, hyperbole, métonymie, litote, euphémisme), mais les unes et les autres sont liées dans le tissu du texte.

      - La versification. Les aspects propres aux poèmes, versification, effets sonores (allitération, accents toniques, assonances, rimes), phénomènes d’enjambement et de rejet, doivent être reconnus et maîtrisés dans l’étude de la poésie. À ce sujet, deux écueils sont à éviter :
      • Faire des remarques formelles inutiles : dire qu’un sonnet a quatorze vers ou qu’un alexandrin a douze syllabes n’explique rien, puisque c’est la norme ;
      • Inversement, expliquer un texte poétique sans tenir compte de son expressivité rythmique et musicale, comme s’il ne s’agissait que d’un texte en prose, conduit à en manquer la vraie dimension.

      Dans tout ce travail de recensement, il faut s’attacher aux effets volontaires, manifestes, ceux qui traduisent un effort d’expression notable de la part de l’auteur. Comment les isoler les uns des autres ? C’est justement en opérant un va-et-vient continuel entre les deux approches du texte qu’on y parviendra.


      JE RELIE : le va-et-vient entre l’impression et l’expression

      Il s’agit maintenant de mettre en relation les deux relevés.
      D’un côté, nous avons constaté des pressions ressenties au-dedans de nous-mêmes : ce sont les im-pressions.
      De l’autre, nous avons repéré les pressions que la forme du texte essaie d’opérer à l’extérieur d’elle-même, sous la poussée du « vouloir dire » de l’auteur : ce sont les ex-pressions.
      Lorsque les unes et les autres se correspondent, nous pouvons alors faire état objectivement des effets du texte. Effet de réel, effet de sens, effet d’atmosphère, effet d’émotion, etc.
      Expliquer le texte, ce sera établir ces effets et en commenter la portée, en partant tantôt des impressions, tantôt de l’expression. C’est leur correspondance qui sera décisive. D’où ce schéma :





      Quelle que soit la forme de l’explication (écrite ou orale, linéaire ou méthodique), la règle sera donc :
      -de ne faire état d’aucune impression qui ne soit appuyée sur les indices textuels du texte ;
      -de ne relever aucun moyen d’expression sans préciser son effet (vérifié) sur le lecteur.

      Dans la pratique, le plus simple est d’opérer (au brouillon) par recherches successives, alternant le « je ressens » et le « je recense », pour chaque aspect ou chaque partie du texte à étudier. Chaque aller-retour que je fais entre mon impression et les expressions me permet un contrôle immédiat des effets du texte : le « je relie » est toujours présent à mon esprit. De plus, je puis ainsi entrer dans le texte progressivement, affinant aussi bien mes réactions successives que mes repérages. Enfin, cette méthode m’aide à élaborer peu à peu des hypothèses de lecture que je vérifie aussitôt, processus qui est à la base même de ce qu’on appelle maintenant « lecture méthodique ». Cela donne :


      Comment expliquer un texte ?
        Voici le troisième et dernier article de Bruno Hongre consacré à l’explication de texte. Une méthode basée sur l’interactivité entre ce que l’on peut ressentir face à un texte et l’observation minutieuse du langage...

    • a posté un article :

      Questions au professeur
      Bruno Hongre nous propose un deuxième article faisant suite à celui qui est intitulé : «Qu’est-ce qu’expliquer un texte ?». Il imagine maintenant des questions posées par un(e) élève à son professeur : ces questions sont touj...

    • a posté un article :

      Expliquer un texte, c'est...
        Je suis heureux de vous offrir trois articles de Bruno Hongre, professeur de français, essayiste et écrivain. Le premier article que Bruno Hongre vous propose est « Qu’est-ce qu’expliquer un texte ?». Voilà une question ...

    • a posté un article :

      La dissertation (2)
      Voici trois modèles d'exercice préparatoire à la dissertation. Ces modèles sont donc une application des consignes figurant dans la dissertation (1).     Les deux premiers modèles furent réalisés par des ét...

    Plus...

    Blogs de jipil

    Blogs favoris

    jipil n'a pas encore de blogs favoris

    Suit 0 membres

    jipil ne suit pas de membre

    Suivi par 0 membres

    jipil n'est suivi par aucun membre